top of page

Paradoxe, 2021 Alsace : LE très gros coup de coeur Jolis Crus sur les vins du domaine.

 

Cépage : Chardonnay 100%
Âge des vignes : Très vieilles vignes
Agriculture : Bio certifié Ecocert, pratiques biodynamiques
Terroir : Parcelles historiques du domaine, Rosenwiller
Vinification : Macération pré-fermentaire courte à basse température, pressurage doux, levures indigènes
Élevage : 30 mois en foudres alsaciens
Boire à partir de : maintenant
Garde : 15 ans
Température de service : 12°C
Accords mets et vins : Ris de veau, homard, volaille fermière en sauce, fromages à pâte pressée affinés

 

Dégustation :

Un chardonnay alsacien c'est une curiosité. Mais le paradoxe du nom n'est pas là, il est dans ce que le vin fait en verre : 30 mois de foudre, et pourtant rien de lourd, rien d'oxydatif, une fraîcheur presque insolente. Le nez est très légèrement réduit à l'ouverture, puis s'ouvre sur le citron confit, des notes iodées et crayeuses. La bouche est plutôt verticale sans être svelte, présente une belle amplitude. Une sensation de salinité offre un peu de sensualité à cette chair de fruits jaunes. C'est un vin vibrant, libre mais stable, une des plus jolies merveille alsacienne dégusté ces dernières année. La cuvée la plus ambitieuse de la gamme, et celle qui restera le plus longtemps.

 

Domaine Einhart

 

La famille Einhart est à Rosenwiller depuis 1870. Le grand-père tenait une pépinière viticole, le père Nicolas a rejoint le domaine en 1990. C'est lui qui, convaincu très tôt que quelque chose clochait dans la manière de traiter les vignes, il convertit le vignoble au bio en 2008, certifié Ecocert à partir de 2011. Il avait déjà des intuitions biodynamiques. Malgré quelques jolis vins de garage, les raisins étaient vendus à de prestigieux domaines de la région.

 

Théo change ça. Il a fait ses classes à Beaune, travaillé à Nuits-Saint-Georges. Il devait ensuite partir en Italie, en Bordelais. Le confinement de 2020 l'a ramené à Rosenwiller plus tôt que prévu, et du jour au lendemain il a stoppé les contrats de négoce, vinifié la totalité de la récolte en levures indigènes, sans intrant. 

 

Ce premier millésime 2020 n'était pas parfait, et Théo le dit sans détour. Trop de vigueur, des fermentations qui calaient sur certaines parcelles, une adaptation du palissage à trouver, de la taille à repenser. Ce garçon est d'une honnêteté désarmante sur ses propres apprentissages. Ce qui est frappant dans son parcours, c'est qu'il a vinifié une énorme quantité de vin chez Patrick Bouju en Auvergne avant de revenir, et que cette expérience-là, dans un contexte de vins naturels à grande échelle, lui a donné une maîtrise technique que beaucoup de vignerons mettent quinze ans à acquérir.

 

Théo vinifie 6 hectares, les 4 autres allant encore en vente de raisins. Les sols sont argilo-calcaires avec présence de Muschelkalk, calcaire coquillier, alternant avec des horizons de loess sur les versants supérieurs. Chaque parcelle a sa propre logique. Le Weingarten, en bas de coteau, repose sur une argile profonde et humide avec une source souterraine, qui donne des rendements généreux sans sacrifier la tension. Le Westerberg, sur les flancs exposés à l'ouest, est plus pauvre, plus drainé. Le lieu-dit Albermohn, dont le nom alsacien évoque le coquelicot Albertine qui poussait autrefois sur ces pentes, abrite le Pinot Noir. La biodiversité est prise au sérieux : quinze nichoirs supplémentaires par an, un partenariat avec la LPO-Alsace basée à Rosenwiller, une utilisation du lactosérum d'une ferme caprine bio voisine en substitution partielle au soufre et au cuivre.

 

À la cave, les vendanges se font à la main, le matin uniquement, en caisses de 20 kilos appris en Bourgogne. Les jus passent par une macération pré-fermentaire courte à basse température, entre 10 et 12°C. Les élevage se font en foudres alsaciens de 600 litres ou en cuves Becker inox selon les cuvées, sans filtration, sans ajout de soufre sauf exception justifiée. La mise en bouteille est faite sur sa propre ligne, par gravité, avec une cuve tampon de 30 litres pour ne pas brutaliser les vins. Tout cela, il a l'air de trouver ça normal. C'est ce qui le rend intéressant.

 

Les vins de Théo sont assez évidents. Dans le sens où l'authenticité, la pureté est au centre, sans avoir des vins trop engagés dans le côté nature. Tout le monde y trouve son plaisir, de l'amateur de vins nature à celui qui s'abreuve de vins conventionnels. Très gros coup de cœur sur Paradoxe 2021. 

Domaine Einhart, Paradoxe, 2021 Alsace

26,95 €Prix
Quantité
    bottom of page