Westerberg, 2023 Alsace
Cépages : Riesling et Gewurztraminer
Âge des vignes : Non communiqué
Agriculture : Bio certifié Ecocert, pratiques biodynamiques
Terroir : Versant ouest, sols plus pauvres et drainants, lieu-dit Westerberg (la colline de l'ouest, Rosenwiller)
Vinification : Macération pré-fermentaire courte à basse température, pressurage doux, levures indigènes
Élevage : Sur lies en cuve
Boire à partir de : maintenant
Garde : 4 à 6 ans
Température de service : 11°C
Accords mets et vins : Cuisine asiatique, volaille rôtie aux épices, fromages à pâte molle
Dégustation :
Le nez interpelle : très parfumé, eau de rose, fleur de cerisier, une légère exubérance régulée par le sérieux du riesling arrive derrière au galop et remet tout à sa place. En bouche on retrouve cette même architecture, aromatique et droite à la fois, avec une élégance qui rappelle les grands vins blancs d'Alsace orientaux, cuisine asiatique dans ce qu'elle a de raffiné. La finale est longue, assez sérieuse, une vraie jolie bouteille.
Domaine Einhart
La famille Einhart est à Rosenwiller depuis 1870. Le grand-père tenait une pépinière viticole, le père Nicolas a rejoint le domaine en 1990. C'est lui qui, convaincu très tôt que quelque chose clochait dans la manière de traiter les vignes, il convertit le vignoble au bio en 2008, certifié Ecocert à partir de 2011. Il avait déjà des intuitions biodynamiques. Malgré quelques jolis vins de garage, les raisins étaient vendus à de prestigieux domaines de la région.
Théo change ça. Il a fait ses classes à Beaune, travaillé à Nuits-Saint-Georges. Il devait ensuite partir en Italie, en Bordelais. Le confinement de 2020 l'a ramené à Rosenwiller plus tôt que prévu, et du jour au lendemain il a stoppé les contrats de négoce, vinifié la totalité de la récolte en levures indigènes, sans intrant.
Ce premier millésime 2020 n'était pas parfait, et Théo le dit sans détour. Trop de vigueur, des fermentations qui calaient sur certaines parcelles, une adaptation du palissage à trouver, de la taille à repenser. Ce garçon est d'une honnêteté désarmante sur ses propres apprentissages. Ce qui est frappant dans son parcours, c'est qu'il a vinifié une énorme quantité de vin chez Patrick Bouju en Auvergne avant de revenir, et que cette expérience-là, dans un contexte de vins naturels à grande échelle, lui a donné une maîtrise technique que beaucoup de vignerons mettent quinze ans à acquérir.
Théo vinifie 6 hectares, les 4 autres allant encore en vente de raisins. Les sols sont argilo-calcaires avec présence de Muschelkalk, calcaire coquillier, alternant avec des horizons de loess sur les versants supérieurs. Chaque parcelle a sa propre logique. Le Weingarten, en bas de coteau, repose sur une argile profonde et humide avec une source souterraine, qui donne des rendements généreux sans sacrifier la tension. Le Westerberg, sur les flancs exposés à l'ouest, est plus pauvre, plus drainé. Le lieu-dit Albermohn, dont le nom alsacien évoque le coquelicot Albertine qui poussait autrefois sur ces pentes, abrite le Pinot Noir. La biodiversité est prise au sérieux : quinze nichoirs supplémentaires par an, un partenariat avec la LPO-Alsace basée à Rosenwiller, une utilisation du lactosérum d'une ferme caprine bio voisine en substitution partielle au soufre et au cuivre.
À la cave, les vendanges se font à la main, le matin uniquement, en caisses de 20 kilos appris en Bourgogne. Les jus passent par une macération pré-fermentaire courte à basse température, entre 10 et 12°C. Les élevage se font en foudres alsaciens de 600 litres ou en cuves Becker inox selon les cuvées, sans filtration, sans ajout de soufre sauf exception justifiée. La mise en bouteille est faite sur sa propre ligne, par gravité, avec une cuve tampon de 30 litres pour ne pas brutaliser les vins. Tout cela, il a l'air de trouver ça normal. C'est ce qui le rend intéressant.
Les vins de Théo sont assez évidents. Dans le sens où l'authenticité, la pureté est au centre, sans avoir des vins trop engagés dans le côté nature. Tout le monde y trouve son plaisir, de l'amateur de vins nature à celui qui s'abreuve de vins conventionnels. Très gros coup de cœur sur Paradoxe 2021.
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21,43 €Prix
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